Maman pour la première fois

Après quelques jours passés à la maternité, entourée, chouchoutée (enfin si on oublie les réveils violents à 6h30 du matin pour la prise de température quotidienne), la jeune maman rentre chez elle. Pour certaines, c’est un moment très attendu, pour d’autres, c’est une étape redoutée. Comment va-t-elle faire ? Seule (ou presque), avec son tout petit. Sans auxiliaire de puériculture près d’elle, disponible pour l’aider à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

Il faudra quelques semaines pour que la jeune maman apprenne son nouveau métier.

 Accoucher une épreuve qui n’est pas sans conséquences

Un séjour pour recharger ses batteries

Quatre jours correspondent à un suivi médical normal après l’accouchement. Durant ce séjour, l’état de santé de la mère est contrôlé tous les jours (tension, température, pouls, problèmes circulatoires…). Il permet également de mieux appréhender les gestes indispensables du maternage avec les puéricultrices, de se reposer, d’approfondir le lien avec son enfant...

 Des séjours de plus en plus courts

En France, la durée moyenne du séjour en maternité est de plus en plus courte et atteint désormais 4,4 jours (contre 3,2 jours dans les pays de l'OCDE). Mais pour des raisons d’économie et de mode de vie, ce séjour en maternité est de plus en plus court. Ainsi, la sortie précoce (avant les trois jours pleins) est de plus en plus fréquente (3 % des naissances entre 1994 et 1997 contre 7 % dès 2002). C'est dans les grandes villes que la situation est encore plus impressionnante. La sortie précoce concerne 15,7 % des nouveau-nés en Ile de France et même 30 % à Lyon ! Pourtant, de retour chez elles, nombre de femmes (1 sur 5, selon une étude de la DREES[1]) se sentent mal accompagnées et se plaignent de ne pas avoir reçu les conseils nécessaires aux premiers jours avec un nourrisson.

 Le programme Prado pour mieux encadrer les sorties précoces

Forte de ces constats, la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (Cnam) a lancé en 2010 le « PRogramme d'Accompagnement du retour à Domicile » - Prado. Nullement obligatoire, il repose sur le volontariat, insiste l'Assurance maladie. C'est un conseiller d'une caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) qui informe la jeune maman de la possibilité d'être suivie après la naissance à domicile par une sage-femme libérale si une sortie précoce (avant trois jours pleins) s'avère possible. Il lui remet alors une liste de sages-femmes participant au programme. Mais ces sorties précoces n’ont pas que des avantages…

Des sorties trop prématurées selon l’Académie de médecine

Ces séjours écourtés ont fait réagir à plusieurs reprises l’Académie nationale de médecine en 2005, 2010 et en 2012. Selon elle, "pour le nouveau-né normal né à terme, un retour à domicile systématique avant 3 jours révolus n'est pas souhaitable". Sans dénigrer le programme Prado, l'Académie insiste sur la nécessité impérative d'"une parfaite connexion entre les maternités et les sages-femmes libérales amenées à suivre la femme et son nouveau-né". Celles-ci doivent passer au moins deux fois par semaine au domicile de la femme, "un strict minimum", et pouvoir assurer "une qualité des soins et une garantie de sécurité équivalentes ou les plus proches possibles de celles proposées en maternité".

Conclusion

En conclusion, il s’avère que la nouvelle maman, selon les circonstances peut avoir besoin d’un accompagnement, d’une durée limitée, pour l’aider à s’organiser et à dédramatiser les situations nouvelles auxquelles elle doit faire face.

 

[1] DREES : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. Elle est une direction de l’administration centrale des ministères sociaux (affaires sociales, santé, et droits des femmes, travail, emploi, formation professionnelle et dialogue social).

Ci-dessous le Compte-rendu de la première mission BABALIA.

(Les prénoms ont été changés)

 

         En Avril 2018, Françoise, sage-femme, me présente Naïma, qui vient d'accoucher d'une petite Clara, et qui demande notre soutien. Un bon contact s'établit aussitôt entre Naïma et moi.  Cette grossesse ardemment désirée mais tardive a beaucoup fatigué Naïma.  En outre, Clara est de petit poids, et pleure beaucoup, surtout la nuit….Naïma est heureuse mais épuisée, et anxieuse pour le développement de son bébé. Elle voudrait l'allaiter, mais ça se passe mal, il faut compenser avec des biberons.

     Naïma a une demande assez claire à mon égard; elle me sollicite au dernier moment pour être auprès d'elle à des moments précis, bains ou repas par exemple.

    Au domicile de Naïma, j'ai adopté une attitude bienveillante, elle a vite compris que mon but était de l'aider et non de la juger. Concrètement j'étais sur le mode non pas du "faire parler" policier (avant tout ne pas poser de questions), mais plutôt du "laisser dire", à l'écoute de ce qu'elle a bien voulu me confier.

   Outre ces 4 ou 5 visites à domicile, j'appelais brièvement Naïma un soir sur deux, pour prendre des nouvelles. Elle semblait particulièrement apprécier ces marques d'intérêt.

    En résumé, une intervention brève, mais une grande disponibilité de ma part. Fin juin, une place en crêche a été trouvée pour Clara, et Naïma envisage de reprendre son travail.  Clara pleure encore beaucoup, même si une amélioration se fait sentir. Naïma est beaucoup moins anxieuse. Nous décidons de mettre fin à la mission.

  En septembre Naïma m'invite à venir voir comme Clara a changé; je trouve une maman épanouie avec une superbe enfant de 5 mois, souriante . Je demande à Naïma son retour sur mon intervention. Elle me dit " c'était super que vous soyez là, je me sentais si seule…j'avais bien mon mari, mais avec un homme ce n'est pas pareil, on ne peut pas parler de tout…."

 A présent j'ai la photo de Clara dans mon téléphone, et le lien que nous avons tissé nous appartient à toutes les trois….

   Sophie Dlb. (1ère BABALIA)

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